L’annonce du retrait du titre de champion d’Afrique 2025 au Sénégal au profit du Maroc a provoqué une onde de choc. En invoquant les articles 82 et 84 de son règlement, la CAF pointe une violation grave. Pourtant, le droit du sport offre au Sénégal un bouclier juridique de taille : la Loi 5.2 de l’IFAB.
Par Malachie Fotso
Le match, qui s’est terminé sur un score de 1-0 en faveur du Sénégal, a été officiellement homologué par l’arbitre, le Congolais Jean Jacques Ndala Ngambo. Par son coup de sifflet final et la cérémonie de remise du trophée, la CAF a validé le résultat. Cela soulève la question de la légitimité de l’annulation : peut-on revenir sur une victoire déjà célébrée sans motifs extraordinaires tels que le dopage massif ou la corruption ? D’après les règles, toute sanction ultérieure ne pourrait pas consacrer le Maroc comme champion d’Afrique dans des circonstances normales. Les articles 82 et 84 des règlements de la CAF stipulent que si une équipe abandonne le terrain, elle est considérée comme ayant perdu.
Toutefois, le Senegal a finalement continué à jouer, ce qui signifie que l’interprétation de ces articles doit être nuancée. Leur application ne devrait pas justifier une sanction aussi sévère qu’un forfait. Au contraire, bien que des fautes disciplinaires puissent être reconnues, elles ne peuvent pas conduire à l’invalidation d’une rencontre validée par des instances officielles.
Le cœur de la défense sénégalaise repose sur un principe fondamental du football mondial. Selon l’International Football Association Board (IFAB), garant des lois du jeu :
« Les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu […] sont définitives. »
En sifflant la fin de la rencontre sur le score de 1-0, l’arbitre Jean Jacques Ndala Ngambo a acté un résultat technique. À partir du moment où le coup de sifflet final retentit, le score est « gravé dans le marbre » du point de vue des lois du jeu, sauf cas de fraude avérée (corruption) ou de dopage. Face à cette situation complexe, la Fédération Sénégalaise de Football peut encore déposer un recours auprès du TAS. Ce recours représente une option viable pour contester la décision de la CAF, même si tout retour sur un résultat après une telle formalisation est rare dans l’histoire moderne du football.
Un autre point fragilise la position de la Confédération : la cérémonie de remise du trophée.

L’acte : La CAF a organisé la remise des médailles et du trophée au Senegal.
La conséquence juridique : Cet acte constitue une homologation de facto du résultat. Revenir sur cette célébration officielle après coup pour un différend administratif ou disciplinaire est une procédure quasi inédite qui se heurte au principe de sécurité juridique des compétitions. Puisque le Senegal est revenu sur la pelouse et que le match est allé à son terme sous l’autorité de l’arbitre, la qualification de « forfait » semble juridiquement disproportionnée.
Le Sénégal dispose d’arguments sérieux pour faire annuler la décision de la CAF. Si le TAS suit la jurisprudence habituelle privilégiant la « vérité du terrain » (Loi 5.2) sur les interprétations administratives a posteriori, le trophée pourrait bien retourner à Dakar. Les mesures de la CAF pourraient alors être commuées en simples sanctions financières ou suspensions individuelles.

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