Alors que la Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 a été reportée par la Confédération africaine de football (CAF), la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) dispose désormais d’un délai supplémentaire pour mieux préparer la sélection nationale féminine. Entre incertitudes autour du sélectionneur, restructuration technique attendue et nécessité de relancer une dynamique sportive, ce report pourrait constituer une occasion idéale pour remettre de l’ordre dans l’encadrement des Lionnes indomptables.
La Coupe d’Afrique des Nations féminine 2026 devait initialement se disputer du 17 mars au 3 avril au Maroc. Mais à moins de deux semaines du coup d’envoi, la Confédération africaine de football a annoncé le report de la compétition, désormais programmée du 25 juillet au 16 août 2026. Cette décision, prise après plusieurs discussions, vise selon l’instance continentale à garantir le bon déroulement de la compétition, évoquant des « circonstances imprévues ».
Pour les sélections engagées, ce changement de calendrier a bouleversé les plans de préparation. Certaines équipes avaient déjà entamé leur phase finale de mise en condition avec des stages et des matchs amicaux. Au Cameroun, les Lionnes indomptables avaient elles aussi commencé à entrer progressivement dans la dernière ligne droite de leur préparation avant cette décision inattendue de la CAF.
Ce report intervient dans un contexte particulier pour la sélection camerounaise, marquée ces derniers mois par plusieurs turbulences sportives et administratives. Entre élimination sur le terrain, repêchage inespéré et incertitudes autour de l’encadrement technique, la préparation de la CAN féminine 2026 s’est construite dans un climat d’instabilité.
La campagne qualificative du Cameroun pour la CAN féminine 2026 avait pourtant mal tourné. Les Lionnes indomptables avaient été éliminées par l’Algérie lors du dernier tour des éliminatoires à la suite d’une double défaite qui avait fortement secoué le football féminin camerounais.
Cette contre-performance avait conduit la Fédération camerounaise de football à prendre une décision forte : le limogeage du sélectionneur Jean Baptiste Bisseck, tenu pour responsable de cette élimination inattendue. Une situation qui a laissé l’équipe nationale féminine du Cameroun sans sélectionneur principal.
Mais quelques semaines plus tard, un retournement de situation est intervenu au niveau de la CAF. Dans le cadre de l’élargissement de la CAN féminine à 16 équipes, l’instance continentale a décidé de repêcher quatre nations parmi les meilleures équipes éliminées lors des qualifications, en se basant sur le classement mondial de la FIFA.
Grâce à son 66ᵉ rang mondial, le Cameroun a ainsi été repêché aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Mali et de l’Égypte pour compléter le tableau final de la compétition. Une décision qui a permis aux Lionnes indomptables de retrouver une place dans le tournoi continental malgré leur élimination initiale.
Dans l’attente de la nomination d’un nouveau sélectionneur, la préparation de l’équipe nationale a été provisoirement confiée à Mike Ndoumou, alors sélectionneuse adjointe des Lionnes indomptables.
Sous sa supervision, un stage regroupant plusieurs joueuses issues du championnat local a été organisé à Yaoundé afin de maintenir l’équipe en activité et d’évaluer certaines joueuses susceptibles de rejoindre la sélection.
Ce stage s’est conclu par une double confrontation amicale face à l’équipe féminine du Nigeria. Lors de la manche aller disputée dans la capitale camerounaise, les Lionnes indomptables se sont imposées 1-0, offrant une note positive à ce rassemblement.
Mais lors du match retour, les Camerounaises ont été battues 3-1 par les Nigérianes, révélant encore certaines lacunes dans l’organisation collective et la préparation physique de l’équipe.
Ces rencontres ont toutefois permis d’observer plusieurs joueuses locales et de maintenir une certaine dynamique autour de la sélection, malgré l’absence d’un staff technique officiellement nommé.
Alain Djeumfa annoncé sur le site de la CAF, le flou persiste à la FECAFOOT
Au milieu de ces incertitudes, un nom a récemment fait son apparition sur le site officiel de la CAF : celui d’Alain Djeumfa, ancien sélectionneur des Lionnes indomptables, présenté comme le nouveau patron du banc camerounais.
Technicien bien connu du football féminin camerounais, Alain Djeumfa avait notamment dirigé la sélection nationale entre 2019 et 2022, conduisant les Lionnes indomptables à la Coupe du monde féminine 2019 en France et aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021.
Pourtant, jusqu’à présent, aucun communiqué officiel de la FECAFOOT n’a confirmé sa nomination à la tête de la sélection nationale féminine. Cette absence de clarification entretient une certaine confusion autour de l’encadrement technique des Lionnes indomptables.
La question reste donc entière : qui dirige réellement la sélection féminine camerounaise aujourd’hui ?
S’agit-il d’un retour d’Alain Djeumfa ou d’une transition provisoire assurée par Mike Ndoumou ?
Dans ce contexte d’incertitude, le report de la CAN féminine 2026 pourrait finalement représenter une opportunité stratégique pour la FECAFOOT.
Avec plusieurs mois supplémentaires avant le début de la compétition, la fédération camerounaise dispose désormais du temps nécessaire pour clarifier la situation de l’encadrement technique et mettre en place un staff solide autour de l’équipe nationale.
Dans le football moderne, la performance d’une sélection ne dépend plus uniquement du sélectionneur principal. Elle repose sur une organisation technique complète comprenant notamment :
des entraîneurs adjoints spécialisés
un préparateur physique
un entraîneur des gardiennes
un analyste vidéo
un staff médical performant
Une structuration rigoureuse de cet encadrement technique permettrait non seulement d’améliorer la préparation des Lionnes indomptables, mais aussi de redonner de la stabilité à une sélection qui a longtemps été l’une des places fortes du football féminin africain.
Le football féminin africain connaît aujourd’hui une évolution rapide avec la montée en puissance de plusieurs nations. Dans ce contexte de concurrence accrue, le Cameroun ne peut plus se reposer uniquement sur son prestige historique. Les Lionnes indomptables, finalistes de la CAN en 2004 et 2016, doivent désormais reconstruire une dynamique sportive capable de leur permettre de rivaliser à nouveau avec les meilleures équipes du continent.
Le report de la CAN féminine 2026 pourrait donc devenir un tournant pour le football féminin camerounais. À condition que cette période soit utilisée pour structurer l’encadrement technique, stabiliser le projet sportif et préparer efficacement la sélection nationale.
Car au-delà de la compétition continentale, c’est aussi l’avenir et la crédibilité du football féminin camerounais qui se jouent dans les mois à venir.
CESAIRE NKOH

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