Par Malachie Fotso
L’instabilité des entraîneurs dans les clubs de la MTN Elite One est un phénomène qui interpelle de plus en plus les observateurs du football camerounais. Lors de la phase aller de la compétition, pas moins de six clubs sur quatorze ont procédé à un changement d’entraîneur, une tendance marquée essentiellement au sein des équipes situées dans la deuxième moitié du classement, à l’exception notable de Victoire et AS Fortuna. Cette situation soulève plusieurs questions quant à l’impact de ces remaniements fréquents sur la performance des équipes et la stabilité du championnat.
Le cas de Patrice Fotso à l’Aigle Royal du Moungo est symptomatique. On demande à des techniciens de bâtir des cathédrales avec des effectifs souvent remaniés, sans leur laisser le temps de poser les fondations. L’arrivée d’Anicet Mbarga Foé, pompier de service habitué aux joutes de l’Elite, confirme cette tendance : on préfère le résultat immédiat à l’identité de jeu.
À la Dynamo de Douala, Simplis Soh a payé les pots cassés d’une série de résultats décevants. C’est la solution de facilité : il est toujours plus aisé de limoger un homme que de remettre en question une politique de recrutement ou des conditions de préparation précaires.
La démission fracassante d’Yves Clément Arroga de la Panthère du Ndé soulève un voile pudique sur la gouvernance des clubs. En dénonçant la « dictature » du Président du Conseil d’Administration (PCA), l’ancien sélectionneur des A’ pointe du doigt l’ingérence quasi systématique des dirigeants dans le secteur technique. Comment un entraîneur peut-il exercer son art quand le vestiaire est sous influence administrative ?
À Fauve Azur, c’est Olivier Nankam qui a laissé sa place à Théodore Ngatchou, tandis que Koung Anicet, en accord avec la direction de l’Aigle de la Menoua, a volontairement choisi de céder son poste. Ces transitions, parfois soudaines, montrent une certaine précarité dans la gestion des entraîneurs, où la patience et la continuité semblent rares. Cette instabilité chronique a un prix. Elle empêche l’émergence d’une véritable philosophie de jeu nationale. Les joueurs, déboussolés par des changements de méthodes incessants, peinent à progresser.
L’instabilité des entraîneurs dans les clubs de MTN Elite One est symptomatique d’un environnement compétitif où les exigences sont fortes, et le temps de travail souvent trop court pour permettre aux techniciens d’exprimer pleinement leur savoir-faire. Si cette situation reflète une volonté de résultats immédiats, elle soulève toutefois la question de la meilleure stratégie pour bâtir des équipes pérennes et compétitives. Il serait sans doute judicieux que les clubs privilégient davantage la stabilité et un accompagnement durable des entraîneurs pour assurer un développement harmonieux du football camerounais. Si l’on veut que la MTN Elite One retrouve son lustre d’antan, il faudra bien qu’un jour, les présidents de clubs comprennent que l’entraîneur n’est pas un fusible, mais le moteur d’un projet sportif. En attendant, les bancs de touche continuent de brûler, et avec eux, les espoirs de pérennité du football local.

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